Et si c’était plutôt à Nutella de s’excuser pour la déforestation ?

La Ministre Ségolène Royale s’est excusée auprès de la multinationale Ferrero pour avoir osé dénoncer la culture intensive de l’huile de palme, dont le fameux produit Nutella est en partie constitué. Laisser un tel rapport de force s’imposer entre nos gouvernements et l’industrie de l’alimentation n’est pas acceptable.

J'interpelle Ségolène Royal

Pour lutter contre la déforestation, il faut tenir tête aux industriels de l’alimentation ! Nous refusons qu’une ministre, sensée représenter le peuple français, utilise son mandat pour présenter “mille excuses” à des industriels pour avoir énoncé une vérité.

 

 

Il est temps de prendre nos responsabilités pour les populations touchées par la déforestation, l’éviction forcée, la pollution que génèrent les palmeraies et l’exploitation au travail.

Il est temps de prendre nos responsabilités pour la préservation et le respect des conditions de vie des espèces animales menacées dans les forêts, primaires ou non. Si nous n’agissons pas maintenant, les orang-outangs auront complètement disparu à l’état sauvage dans 20 ans.

Il est temps de prendre nos responsabilités pour lutter contre la déforestation que le développement de la culture de l’huile de palme a causé et continue de causer. La Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO) relève qu’entre 1990 et 2010, 8,7 millions hectares de forêt ont été rasés en Indonésie, en Malaisie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au profit des cultures de palmiers à huile. Ferrero, l’un des plus gros acheteurs de cette matière première dans le monde, se fournit principalement en Malaisie et en Papouasie-Nouvelle Guinée. Justement, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, une commission d’enquête sur l’octroi des baux fonciers a déclaré dans un rapport remis au Parlement en 2013 que le système de baux fonciers était « marqué par une corruption et une incurie choquantes.»

Comment alors mettre en place concrètement les règles proposées par le label RSPO ? Ferrero peut-il nous apporter les garanties ou bien devons-nous croire sur parole à la tracabilité, au respect de l’environnement et des droits des populations locales ?

En 2013, Ezio Livera, le responsable de la programmation et des produits saisonniers de l’usine de Villers-Ecalles de Ferrero déclarait « on peut critiquer l’huile de palme pour ses effets sur l’environnement mais pas la nôtre qui ne contribue pas à la déforestation ».

Madame la ministre, il est de votre devoir de leur demander de vous apporter les preuves de ces déclarations.